Journal de création


Le travail de création se poursuit...  

Aujourd'hui 

10 avril 2026

Grand banc d'essai à la Montagne Magique...

Résidence à la Fabrique de Théâtre - Frameries

Merci à la Fabrique de Théâtre de Frameries pour son accueil !
Merci également à la Fédération Wallonie Bruxelles pour sa confiance !

Durant cette résidence, nous avons travailler la scénographie grâce à l'ingénieuse Audrey Coutterez.

Sarah Wery et Gaëlle Hyernaux, nos compositrices, nous ont rejoint pour s'inspirer des merveilleuses marionnettes de Polina Borisova. 

SYNOPSIS

L’héroïne s’appelle la baigneuse. 
C’est une petite fille qui n’a pas peur d’avoir peur. Elle vit au bord de la Mer du Nord. Elle aime écouter le roulement de l’eau et le vent qui soulève doucement les grains de sable. Elle regarde les mouettes et le ciel qui à l’horizon se confond avec la mer. Cette plage où elle se promène est au bout de la ville. Et cette ville est au bout du pays.  

Dans la ville vivent beaucoup de vieilles dames et leurs chiens. Pour maintenir la plage de la ville propre, les vieilles dames ramassent inlassablement les crottes que les chiens laissent sur le sable, les emballent dans des sacs en plastique bleu et les jettent à la mer.   

Chaque jour, une foule vient visiter le bout du pays, car un jour une grande vague venue des fonds sans lumières arrivera et engloutira tout. 

Et ce jour c’est aujourd’hui.  

La baigneuse le sait car un vendeur de gaufre à qui un crabe l’a dit le lui a dit. 

Aujourd’hui, la baigneuse attend. Elle écoute et elle sourit. Tout est tranquille. Dans quelques instants se lèvera un orage et l’eau de la mer s’étalera sur la plage, sur la terre. 

C’est un grand jour. Elle n’a pas peur. 

La baigneuse prend une grande inspiration et pleine de confiance ferme les yeux quand la grande vague s’élève et recouvre le monde. Elle plonge. Elle nage vers le fond, vers l’horizon et dépasse les contours du paysage connu. Elle découvre un monde où les lois de la physique se renversent et où les êtres peuvent être en même temps minuscules et géants. Un monde dans lequel les animaux ont parfaitement réussi à intégrer à leur organisme tous les morceaux de plastique lancés dans les eaux. 

Elle apprend à nager avec des poissons translucides en étrange mutation.  

Elle se connecte à un banc de méduses électriques et invente de la musique.  

Elle apprend à voir de la lumière là on lui a raconté qu’il n’y en avait pas. Des coquillages-soleil envoient leurs rayons par le haut, par le bas et elle devient l’amie d’une pieuvre solitaire.  

Elle rencontre une grande baleine à bosse, une qui a parcouru le monde, qui lui apprend la lenteur et sa danse. La baigneuse change peu à peu. Elle intègre une nouvelle beauté et ses cheveux prennent la couleur du plastique. La grande baleine à bosse danse longtemps avec la baigneuse et dans un lent mouvement la renvoie à la surface de l’eau. 

La baigneuse est de retour sur la plage, sa plage. Comme si rien n’était arrivé. Comme si une seule seconde s’était écoulée. Pourtant le sable a changé de couleur, légèrement. Le soleil aussi. Tout est calme. Elle écoute l’eau doucement et le vent qui soulève les grains de sable.  

Elle regarde le ciel qui à l’horizon, se confond avec la mer.  

De l’autre côté de la plage, arrive une vieille dame avec son chien.  

La baigneuse sourit : la veille dame a une tête de poisson et ramasse les œufs que son chien a pondu sur le sable.  

SCENOGRAPHIE

La grande Vague, c’est un paysage immense peuplé de petites et grandes histoires.  

C’est encore le petit théâtre des mains dans le grand théâtre des ombres et des couleurs...

Comme à travers un objectif on zoome, puis dézoome pour faire apparaître des personnages, du plancton à la baleine ; mais aussi des lumières, des couleurs et des matières comme autant  de tableaux. 

C’est aussi un grand soleil qui règne sur tout, qui se démultiplie pour écrire les heures du jour et faire scintiller toutes les gouttelettes qui ensemble constituent cette grande vague. 

On circule de l’un à l’autre comme on observe les gens qui passent sur la grève. 

C’est enfin un parcours des sensations où l’on navigue du léger frisson au grand éblouissement